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Ma santé changée en sobriété

  • Photo du rédacteur: Cristina Moscini
    Cristina Moscini
  • 14 janv.
  • 6 min de lecture

 

Je prends comme cas d’étude mon propre parcours. Loin d’être une experte certifiée, le diplôme que je peux mentionner dans ce texte-ci n’est que celui d’Alcoolique qui vit à jeun depuis bientôt cinq ans et qui s’est fait le devoir de journaliser les changements sur elle-même depuis.

 

J’avais envie de recenser les changements sur ma santé qui sont survenus en sobriété.

 

 

Les changements

 

Bien sûr, ils sont positifs. L’énergie physique, mentale, la stabilité, la clarté, le teint, l’endurance, l’inflammation qui s’estompe, le sommeil, etc. Les bonus s’accumulent en plus de juste ne plus boire. Les à jeuns peuvent témoigner.

 

J’ai remarqué aussi des changements étonnants. Comme des sensibilités alimentaires, des problèmes de digestion, de tension, qui à mon premier regard, coïncidaient avec mon arrêtage de boire.

 

À première vue, avant, je n’étais allergique ou intolérante à rien. Je me vantais à qui voulait l’entendre que j’aurais été capable de manger une bicyclette rouillée gratinée sans l’ombre d’un malaise gastrique. Pourtant, avec les années, et encore plus vivement une fois que j’étais en rétablissement, des symptômes d’intolérances alimentaires sont apparus. Ainsi, la soûlonne qui ne vivait que de grilled-cheeses et de grosse bière n’était plus capable de gérer le gluten, les produits laitiers, les produits sur-transformés.

 

D’où me venait cette digestion de princesse ? M’étais-je saccagé le lignage d’estomac et d’intestins après des décennies de beuveries ? Était-ce les histamines qui se startaient la déraison une fois passé mes trente ans, comme de plus communes allergies se développent ? Était-ce juste une coïncidence de timing ? Pourquoi, maintenant que je prenais soin de ma santé pour la première fois de ma vie, c’est là que je n’étais plus capable de rien endurer d’usuel ?

 

« Ta yeule, mon foie ! » disait Homer Simpson, puis « Mon foie m’fait mal ! ». Était-ce la revanche de mon corps sur moi après des années d’abus ?

 

 

Tension, attention

 

Deuxième affaire, la tension dans la mâchoire. J’ai toujours eu les muscles de la mâchoire forts, je me vantais à qui voulait l’entendre (coudonc, je me vantais donc ben crisse pour une fille qui n’avait pas grand chose pour elle) que j’eusse été capable de tirer un autobus qu’avec mes dents.

 


Après mes odyssées de liquide au pourcentage élevé, je roupillais d’un sommeil de mort. Si on exclut les réveils en sursaut, perlée de sueur et d’angoisse les lendemains, j’arrivais à la fin de mes soirées au toucher du matelas comme un arbre qui tombe en se débranchant de toutes ses guirlandes.

 

J’étais, par habitude, knocked out. Les premiers mois de ma sobriété, j’ai remarqué que je serrais des dents sans m’en rendre compte. Souvent en travaillant, quand j’étais concentrée, parfois même en dormant. Je me réveillais avec un mal de tête intense d’avoir serré des mâchoires, dans mon sommeil, esti !

 

 

Chercher la cause

 

Donc, malgré tous les autres bienfaits sur ma santé que je constatais de semaines en semaines, j’étais concernée par ma digestion, qui en plus de pas me laisser manger tous les aliments que j’aimais avant, me rendait plus souvent qu’autrement ballonnée « pour rien » en pleine journée, inconsistante dans mes transits au point de consulter plusieurs fois avant d’avoir un diagnostic évasif de peut-être un syndrome d’intestin irritable mais sans être sûr. Une autre fille de plus qui a mal au ventre et qui doit juste – genre – « apprendre à vivre avec ça ».

 

Réticente mais résignée, j’ai poursuivi mon cheminement en rétablissement, en essayant de faire des essais-erreurs dans la façon de m’alimenter. Puis dans la façon de traiter mon sommeil, l’heure à laquelle j’allais me coucher, le type de lumière à laquelle j’allais m’exposer, l’activité physique que je continuerais de pratiquer.

 

Un genre de mixture de patience, de découverte et de développement. Le genre d’épreuves poches que personne peut faire à ta place mais que tu gagnes sur le long à le faire, parce que tu veux aller mieux.

 

 

À quelque part dans le corps

 

Puis je me suis mise à lire aussi, des ouvrages, écouter quelques experts, parler de trauma response, et de comment les personnes dépendantes qui sont en rétablissement se retrouvent dans cet état au départ, sans le savoir.

 

Les alcooliques ont souvent dans leurs racines quelque chose de profond qui les incite à boire. Au-delà de la substance ingérée, c’est le mal qu’on voulait occulter qu’il nous faudra disséquer, une fois dessoulés. 

 

Un trauma response, ou une réponse au trauma – excusez-moi le Molière, peut drastiquement changer la façon qu’un corps réagit à certains éléments. Fight, flight or freeze sont d’autres mots en anglais qui ont véhiculé dans le langage commun de la thérapie, mais aussi pour décrire ces réactions physiologiques de nous humains, sacs de chairs et d’angoisses.

 

 

Dégeler pour sentir

 

Il m’aura fallu me sevrer de substances pour ressentir à nouveau. Je me rappelle mon premier printemps à jeun, en 2020, comment tout semblait nouveau. Les sensations, les sentiments, tout était plus cru, plus à vif. C’était épeurant.

Et il m’aura fallu beaucoup de temps pour réaliser qu’en vérité, je n’aurais pas été capable de manger une bicyclette rouillée gratinée. Qu’en fait, j’avais ces mêmes intolérances alimentaires avant, et que je n’écoutais simplement pas les maux de mon corps. Je jugeais normal que mon visage et mes phalanges enflent au courant de la soirée, de devoir m’accroupir en milieu de journée tant des crampes venues de nulle part survenaient pour m’assaillir, quand pour avoir la mâchoire slaque, il m’en fallait du devoir de s’endormir que ben paf.

 

Les douleurs qu’on s’inflige et qu’on tolère en boisson, il faut débrosser pour les ressentir, reculer un peu pour mieux voir le paysage complet.

 

 

Guérir à temps plein

 

J’arrive aujourd’hui à presque cinq ans de vie à jeun, et j’ai l’heureuse surprise de dire que j’ai pu mal, esti, à juste vivre. Se cultiver une santé quand on avait comme habitude de se négliger au mieux et de se décrisser au pire, c’est un apprentissage.

 

Voici quelques affaires qui m’ont aidé et des choses qui marchent pour moi, pas nécessairement pour tout le monde, mais je passe le message de ce qui personnellement a fonctionné. Merci de se rappeler que je ne suis pas médecin ni astronaute, à prendre avec un grain de sel, mais si ça aide, tant mieux.

 

 

Alimentation

  • Riche en protéines

  • Faible en carbohydrates

  • Pas de produits laitiers, de gluten

  • Pas de café sur un estomac vide

  • Déjeûner moins de deux heures après le lever

 

Activité physique

  • Essayer de bouger à tous les jours

  • 20 minutes de cardio par jour, ça peut être juste marcher

  • Mais marcher ça marche en crisse, à considérer de rajouter peu importe le reste de la routine

  • S’étirer le corps le matin ou le soir

  • Musculation à faible intensité comme pilates, yoga

  • Trouver des vidéos d’entraînement à la maison gratis sur Youtube

 

Relaxation

  • Changer le setting sur le cellulaire d’éclairage chaud du soir au matin

  • Exposition aux lumières d’ambiance dès la fin de la journée

  • En gros, d’être capable de créer deux moods entre vos quatre murs; un pour être en mode productif, un pour la détente

  • Journaliser nos petites crisses d’émotions, que ce soit dans le Notes App ou l’application I Am Sober, prendre l’habitude d’écrire honnêtement comment on s’est senti au courant de la journée, et qu’est-ce qu’on s’enligne de faire le lendemain

 

Selfcare

  • L’huile de castor esti, pour les maux d’estomac – avec modération, et suivre des tutoriels avant, mais pour moi je remarque une différence flagrante sur ma digestion et je n’ai pratiquement plus de maux de ventre

  • Guasha – suivre des tutoriels aussi pour la bonne technique à faire, mais ça fait du bien aux muscles de la face et on a moins le goût de serrer des dents pour rien

  • Se trouver un petit rituel de beauté ou d’hygiène et s’y mandater, une belle façon de se respecter dans nos promesses, et le cerveau de dépendant aime ça quelque chose de doux et rassurant, ça fait changement d’avant !


 

D’autres conseils sont maintenant dans l’onglet Trucs sobriété de mon blogue. Mon livre inspiré de mon cheminement de l’alcoolisme à la sobriété, S’aimer ben paquetée, est disponible en librairie et en ligne, version papier ou numérique.



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